Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

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Vestrit
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Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Vestrit »

Pour continuer sur ma logique de "un truc m'embête, j'ouvre un fil pour en causer avec les camarades de galère", me voici aujourd'hui pour parler du syndrome de l'imposteur.

Qui danse sur mon corps tout chaud ces derniers temps.
Il a trouvé une liste non négligeable de preuves que ce que je fais est nul, et me lâche pas la grappe au point que ça en devient difficile d'écrire parce que à quoi bon, c'est nul de toute façon ce que tu fais personne en voudra regarde preuve A, preuve B, preuve...

Bref, vous voyez le topo. :mrgreen:

Du coup, en cette année difficile, où les éditeurices semblent avoir décidé de faire l'autruche sur leurs soumis éditos, je pense que je suis loin d'être la seule à me débattre avec ce genres de pensées.

Peut-être que parmi vous, il y en a qui le gèrent. Ou d'autres qui galèrent encore plus que moi.
Bref, je pense que ce fil peut être d'utilité publique.

Vous faites comment, vous, pour pas le laisser prendre les commandes/vous empêcher d'écrire/ vous casser le moral ?

Moi d'habitude, je fais l'autruche pour me concentrer sur le plaisir de créer des histoires, mais ça commence à rencontrer sévère ses limites, là.
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Ivan
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Ivan »

"Fuck les éditeurs. S'ils sont pas capables de faire leur boulot, je vais le faire à leur place et mieux."

...est à peu près mon cheminement intellectuel face à cette exacte situation.
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Lullaby »

Je relis les bonnes critiques reçues (s'il y en a). Je relis les commentaires enthousiastes sur les extraits, quand j'en ai partagé (quel que soit le projet). En général, ça m'aide - parce que si des gens ont été enthousiastes, même sur un seul extrait, c'est que ce n'est certainement pas aussi nul que la vilaine petite voix voudrait me le faire croire.

(bon ça ne marche pas à tous les coups mais ça aide bien, je trouve)

En ce moment, je galère moins, mais c'est parce que mon syndrome de l'imposteur s'est déplacé à mon boulot de bibliothécaire (où là, c'est la fête au "je suis nulle, j'arriverai jamais à faire cette nouvelle mission qu'on m'a confiée").

Et là, j'ai pas trop de solution (mais on dévie du sujet).
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Aramis
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Aramis »

C'est... efficace, Ivan ^^

Le syndrome de l'imposteur et moi, c'est une longue histoire et je me débats toujours en plein dedans. Il m'a fallu des mois pour me convaincre que oui, oui, mon premier roman serait vraiment publié et que ce n'était pas une erreur de la maison d'édition (en vérité, je n'y ai cru que quand j'ai tenu le roman dans les mains : "mais en fait, ils l'ont vraiment imprimé ?!" (c'était un peu le but de la manoeuvre, oui)). Et ça ne disparaît pas ensuite, évidemment (j'aurais bien aimé).

Je ne gère pas vraiment, je n'ai pas de solution, mais je commence à le savoir et je détecte de mieux en mieux les moments où je vrille. Je sais que les avalanches de "ce que tu écris est nul, et tu es nulle toi-même" sont une phase et j'essaie de laisser passer la vague sans trop m'y attarder. Plus facile à dire qu'à faire : ça n'empêche pas d'être au fond du trou, mais le fait de savoir que ça va passer aide à prendre du recul et à attendre le moment où ça ira mieux.
Et sinon, oui, comme toi, Ves, je me concentre sur le plaisir de l'écriture, le fait que c'est un de mes moteurs principaux, et que peu importe que les gens aiment ou pas, l'essentiel est que moi, j'aime ce que je fais, j'aime mes persos. Je peux parfois jeter un coup d'oeil à des avis de personne qui ont aimé (j'avais dans l'idée à un moment de faire un petit carnet avec des citations de chroniques, je ne l'ai pas encore fait parce que l'imposteur me souffle que, quand même, je me la ramène trop, mais ça pourrait aider). Pas que les avis, d'ailleurs, si je partage des extraits de premier jet, les retours dessus sont aussi source de réconfort ^^ (et j'essaie de garder les limites de cet exercice en tête, parce que ça peut facilement devenir une machine à vriller aussi).
Et si c'est trop dur, je fais autre chose : lire, regarder quelque chose, le temps de redescendre un peu en pression - ça me change les idées et j'arrive plutôt bien à éviter la comparaison avec les autres.
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Lyra-d-encre
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Lyra-d-encre »

Ivan a écrit : 29 avr. 2021, 08:22 "Fuck les éditeurs. S'ils sont pas capables de faire leur boulot, je vais le faire à leur place et mieux."

...est à peu près mon cheminement intellectuel face à cette exacte situation.
Lyra-d'encre aime ça.


Personnellement, en ce moment, ma technique c'est de me dire que :
1. On n'a qu'une seule vie. Et j'ai bien vu que m'aliéner dans des jobs alimentaires, c'était pas la panacée alors je suis bien décidée à poursuivre mon aspiration de toujours : être une écrivaine à temps plein !
2. Malgré tous les arguments que je m'assène avec le syndrome de l'imposteur, mes écrits, ils plaisent. Pas à tout le monde, mais énormément à certains. Et ça, c'est la seule et unique preuve qui devrait me suffire pour persévérer. Même Harry Potter a été refusé par des tas de maisons d'édition, et pourtant c'est devenu un succès mondial ^^
3. Rationnellement, je sais que je l'ai le syndrome parce qu'il me touche dans absolument tous les domaines de la vie. Dans mon job alimentaire, alors que j'ai un bac + 5 et des années de spécialisation dans mon domaine + des années d'expériences pro. Dans mon job de maman, alors qu'en vrai, il suffit que je rencontre d'autres jeunes parents et ils me trouvent immédiatement d'une sagesse et d'une connaissance infinies dans la parentalité x) Et dans d'autres domaines encore de la même manière, c'est souvent le regard d'autrui et leurs interrogations qui me confortent dans le fait que "oui, tu es légitime."
Du coup je sais que quand je doute, c'est très possiblement le syndrome et qu'il me dit de la merde. Alors faut l'ignorer ^^
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Lyra-d-encre
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Lyra-d-encre »

Je viens de tomber sur ce même à propos du syndrome de l'imposteur, et la coïncidence est si a propos que je me dis que je vais vous le partager ^^
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Nana
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Nana »

Cette image est fort à-propos en effet, Lyra. :lol:

Pour ma part je n'ai pas grand-chose pour lutter contre. Partager au fur et à mesure que j'écris m'aide beaucoup au moment de la rédaction : avoir les réactions à chaud me permet de voir comment c'est perçu. C'est comme ça que j'ai pu me convaincre que certains trucs n'étaient pas si nuls que ça.
Le problème, c'est que ça retombe au moment des corrections, ou des envois aux éditeurs. Je bute sur un truc? Je me dis que je suis nulle, que je ne devrais pas m'acharner et que de toute façon cette histoire est pourrie. Je n'ai pas de réponses des éditeurs ou alors des refus? Je me dis que de toute façon l'histoire n'a rien d'original et qu'elle est écrite avec les pieds. Me rappeler des commentaires enthousiastes aident mais pas assez.
Je sais bien que logiquement, c'est faux. Il y a des qualités dans ce que j'écris. Mais rien à faire, je ne vais voir que les défauts. Si certains ont des astuces, je suis bien preneuse.
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selmakovich
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par selmakovich »

Vestrit a écrit : 29 avr. 2021, 08:08
Vous faites comment, vous, pour pas le laisser prendre les commandes/vous empêcher d'écrire/ vous casser le moral ?

Moi d'habitude, je fais l'autruche pour me concentrer sur le plaisir de créer des histoires, mais ça commence à rencontrer sévère ses limites, là.
Je trouve que relire des commentaires positifs ça marche un peu. Appeler des gens qui ont aimé ses écrits aussi, je trouve que cela rend les choses plus concrètes.

Et puis, personnellement, je m'en remets à la sociologie. J'essaie de me dire que ce sentiment vient aussi du fait d'avoir été socialisée en tant que fille/minorité. Je repense beaucoup à la phrase de Sarah Hagi (un jour je vais l'imprimer au dessus de mon bureau) :
Lord, grant me the confidence of a mediocre white man”. ("D.ieu donne moi la confiance d'un homme blanc médiocre).
Alors, c'est un coup de fouet à l'égo, donc ça dépend du niveau du moral, mais sur moi généralement ça fonctionne ! (par exemple, je me suis forcé.e à lire les poèmes de Michel Houellebecq, je t'assure qu'on relativise la non-valeur de nos écrits après !)
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LaFourmii
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par LaFourmii »

Cette citation est géniale, selmakovich ! :rofl: :two_hearts: :star_struck:

Le syndrome de l'imposteur, je connais aussi (comme beaucoup par ici, j'imagine :pensive: )

Je n'ai pas vraiment de technique pour l'affronter, mais comme Aramis, je sais que c'est une phase et que ça va passer. Ça revient cycliquement, régulièrement, je me sens complètement nulle. Surtout, je sens que mon texte et complètement nul et puis à quoi bon, vraiment :disappointed_relieved:
Et puis, ça passe et je reprends confiance en moi et en mon texte.

Mes techniques très limitées :

• savoir que ça va passer et relativiser
• faire une pause dans l'écriture et me distraire avec d'autres choses (lire des "mauvais" textes, ça aide beaucoup :sweat_smile: )
• en parler avec ma beta lectrice/meilleure amie/meilleure cheerleader, qui sait toujours comment me remonter le moral :two_hearts: (avoir quelqu'un (ou plusieurs personnes) qui soutiens tout ce que l'on fait, c'est vraiment une aide inestimable, et le plus souvent, ces personnes n'ont rien à faire à part nous écouter râler en hochant la tête :laughing: )
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Atar
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Atar »

En ce qui me concerne, mon syndrome de l'imposteur se porte bien. Bon, par contre, il a la même façon de fonctionner que mon stress pendant les examens à la fac. Ce qui est relou. Je m'explique :

Lors des exams (de tous types), je suis du genre à y aller au talent, à vaguement réviser/relire les cours et à me dire "tant pis on verra bien". Le pic de stress arrive donc... entre la fin de l'examen et l'annonce des résultats. Ce moment où de toute façon tu peux plus rien faire. LOGIQUE. :joy: (mon cerveau, ce troll).

Du coup, mon syndrome de l'imposteur marche un peu de la même façon : soit après envoie des textes en mode "de toute façon c'est nul, pourquoi t'as envoyé ?", soit au bout d'un moment d'écriture, vers la moitié, quand je commence à me demander "à quoi bon ?".

Étant donné que mon métier a aussi trait à l'écriture (le journalisme), y a des fois où j'essaie de le tromper en me disant que si j'écris suffisamment bien pour les différents médias avec lesquels je collabore y a aucune raison que je puisse pas écrire de la fiction. Ça ne marche qu'un temps restreint.

Sinon, faire lire à d'autres, faire BL, ça marche bien aussi. Le déni c'est top aussi par moment :joy:
J'ai pas vraiment de solutions, si ce n'est que parfois, j'ai besoin qu'on me mette un coup de pied au c** en me réclamant la suite ou autre.
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Plokie
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Plokie »

Si ca vous intéresse je suis tombée (presque) par hasard sur cet article "comment surmonter le syndrome de l'imposteur". Pas de recette miracle cependant ;-)
https://www.conceptive-coaching.com/sit ... imposteur/
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Bleue_nn
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Bleue_nn »

Comme Aramis et LaFourmii j'ai conscience que ce sont des phases, des cycles, et que le moment où je me trouve nul et où je trouve toutes mes idées nulles passera. Ça aide à relativiser en partie, parce qu'à partir du moment où tu intériorises le fait que c'est un cycle, tu sais que ça arrivera quelle que soit la qualité de tes écrits.

Ensuite, j'ai plusieurs techniques :
1) je repense à toutes les merdes qui ont trouvé un éditeur, voire, pire, ont rencontré du succès. Là je me dis : si ce roman a pu avoir du succès, aucune raison que le mien échoue.
2) j'ai un mantra que je me répète : tous les bons livres trouveront leur éditeur. Bien sûr, il est question de bon éditeur au bon moment, mais globalement, très sincèrement, on ne reçoit pas suffisamment de bons manuscrits pour ne pas les signer. Donc j'ai "juste" à fournir un manuscrit suffisamment abouti et bon. Ça ne dépend que de moi, donc je peux le maîtriser.
3) je fais un débrief avec mes bêta-lecteurs, pour essayer de cerner s'il y a une raison précise qui me fait ressentir ça. Un manque dans mon projet en cours, par exemple.
4) je m'astreins à la régularité. Quelle que soit mon humeur ou la phase du cycle, je continue à planifier/synopsier/écrire.

Comme tout le monde, pas de remède magique, mais je gère plutôt bien ces phases "je suis nulle" (je suppose que mon métier d'éditrice joue beaucoup là-dedans vu que je sais exactement comment ça se passe de l'autre côté).
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Eva Joyce

Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Eva Joyce »

Je vais dénoter un peu mais je ne ressens pas ce fameux syndrome... comme Ivan l'a dit : Fuck off les éditeurs ! Et comme Lyra l'a affirmé : on a qu'une seule vie !
Pourquoi écrivez vous ? Pour plaire aux autres ? Ou pour vous sentir bien/mieux ?
Personnellement, écrire me fait du bien, je m'enferme dans ma bulle pour m'extraire du monde, je me prends la tête dans un ailleurs que je contrôle : il y a un côté incroyablement thérapeutique quelque part. A partir de là, je ne peux pas me sentir "imposteurice" car je fais ce qu'il me plaît, je suis en accord avec moi-même.
Après, niveau réception du public, je sais que ça plaît, pas à tout le monde mais peut-on plaire à tout le monde ? Non c'est impossible et il est hors de question que je modifie mes écrits pour convenir au plus grand nombre sinon ça ne me correspondrait plus. J'arrive à m'entourer de personnes qui croient en moi, qui me soutiennent, avec qui je peux concrétiser des projets (asso de podcasts, illustrateurs, comédiens pour lecture expressive...) ceux à qui ça ne convient pas passent leur chemin et chacun continue sa route (oui ça sent le Mimi Siku 😆).
L'avantage c'est que je n'ai aucune pression : ce n'est pas mon métier principal, mon éditeur : c'est moi ! Donc je n'ai sans doute pas le même stress, ni les mêmes impératifs... c'est peut-être plus sain sans l'aspect financier 🤔
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Siana
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Siana »

Le syndrome de l'imposteur, je le mets en partie sur le compte de la mémoire sélective.
Pourquoi on devrait se rappeler uniquement de ce sur quoi on doute ? J'ai tendance à dire qu'une histoire, c'est comme un puzzle, il y a tellement de pièces qu'on peut mettre dans tellement de sens qu'il est à la fois impossible de le réussir du premier coup et impossible de ne rien réussir du premier coup. Donc mon syndrome de l'imposteur, généralement je lui retourne le compliment (être nul, tout ça) en l'engueulant parce qu'il prend toute la place. Et puis concrètement, je me dresse la liste de ce que je trouve nul... avant de dresser celle de ce que je trouve bien. Puis j'y ajoute des commentaires de bêta-lectures, si besoin.
Je pense que l'important, ce n'est pas tant de renverser le syndrome de l'imposteur que de juste retrouver un équilibre réaliste. Nous ne sommes jamais nuls ni doués, nous avons des facilités dans certains domaines (de l'écriture et ailleurs) et des difficultés dans d'autres, ce qui est tout à fait normal. Donc on peut bosser sur nos difficultés en essayant de moins oublier nos facilités.
Et sinon, j'ai aussi tout un tas de mantras, dont ces deux-là qui me semblent bien à propos :
- Mon manuscrit n'est pas nul, il n'est juste... pas terminé ! Et c'est moi qui décidera quand il sera terminé. (attention, quand même, ça peut pousser au perfectionnisme )
- Je l'ai déjà fait, donc je suis capable de le refaire. (ce qui ne veut pas dire réussite automatique, mais permet de moins douter de ses capacités en général)

Cela dit, j'ai moi aussi toujours un peu de boulot à abattre pour distinguer le faire (mon travail est nul) de l'être (je suis nulle). :roll:
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Jolan
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Jolan »

J'avais lu une super réponse au syndrome de l'imposteur, sur tumblr ou sur twitter, je sais plus : la personne disait qu'elle avait décidé d'embrasser son syndrome de l'imposteur. "Est-ce que je suis qualifiée pour ce job ? Absolument pas, mais comme ces idiots me l'ont donné quand même, je compte bien profiter de la paye tant qu'ils se rendent pas compte de leur erreur." "Est-ce que mon bouquin est suffisamment bon pour être publié ? Non ! Mais j'ai réussi à faire croire le contraire à l'éditeur, je devrais pouvoir faire pareil avec les lecteurs !"
En gros c'est renverser ton syndrome de l'imposteur pour devenir un arnaqueur, et perso je trouve l'idée assez cool -même si pas forcément facile à mettre en place quand tu en souffres vraiment.
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Scaldie
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Scaldie »

Je m'incruste dans la conversation o/ pour rebondir sur cette dernière citation.

Ayant souffert du syndrome de l'imposteur dans ma vie professionnelle, au point quand même d'en faire une grave dépression et un burn-out ayant duré plusieurs années, ce renversement de perspective me semble assez incompatible avec la définition même du syndrome. Parce l'imposteur se sent déjà comme un arnaqueur, car il a l'impression d'avoir usurpé sa place et de berner tout le monde. Et pour moi, la plus terrible angoisse à ce moment de ma vie, c'était justement que les gens découvrent l'imposture (ce qui n'arrive jamais, puisque l'imposture est dans la tête, pas dans les faits) J'ai du mal à imaginer que ça puisse être un moyen de le surpasser, mais c'est peut-être juste moi.

Je pense aussi qu'il y a une différence colossale entre un découragement passager, « ce que je fais est nul » , expérimenté par tout le monde au moins une fois dans sa vie, surtout par les créatifs, et le syndrome de l'imposteur qui est vraiment un déni pathologique du moindre accomplissement. Pour en avoir énormément souffert, je trouve parfois que l'expression est utilisée à tort pour parler d'un processus normal, comparable au doute ou à l'humilité.

J'ai pas vraiment de solution toute faite, non plus, si ce n'est de faire confiance aux gens qui évaluent mon travail ou de lire des livres de développement personnel qui me donnent un coup de pied aux fesses pour surmonter ma peur o/ (j'en lisais un, à l'époque, dont le titre me fera toujours de l'effet : L'art de se gâcher la vie)
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Siana
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Siana »

Scaldie a écrit : 14 août 2021, 10:09 Je pense aussi qu'il y a une différence colossale entre un découragement passager, « ce que je fais est nul » , expérimenté par tout le monde au moins une fois dans sa vie, surtout par les créatifs, et le syndrome de l'imposteur qui est vraiment un déni pathologique du moindre accomplissement. Pour en avoir énormément souffert, je trouve parfois que l'expression est utilisée à tort pour parler d'un processus normal, comparable au doute ou à l'humilité.
Oui, le manque de confiance en soi et d'estime de soi jouent beaucoup et leur intensité diffère selon les personnes. C'est vraiment le cœur du problème, j'ai l'impression. On aurait envie de ne rien faire pour éviter de "montrer qu'on est nul" (croyance personnelle), mais ne rien faire c'est échouer par défaut, et paradoxalement, c'est travailler et étudier qui nous permet de devenir meilleurs (concrètement, en vrai). Aucun élève ne sort de l'école en n'ayant absolument rien compris, donc il y a forcément un moment où l'on se rend compte qu'on arrive à faire certaines choses ; quand on cherche des qualité à notre travail, on en trouve. Je pense qu'il faut surtout arrêter de vouloir que tout soit parfait, mais plutôt essayer de distinguer concrètement quelles sont nos forces et nos faiblesses, les premières pour nous rassurer, et les secondes pour les travailler afin de devenir meilleur.

Par ailleurs, le biais de négativité est coriace, voir le positif dans les choses demande toujours un effort. Je trouve que s'en souvenir est plus facile pour retrouver de la confiance en soi, car ça crée un "ennemi extérieur" responsable du problème (= je ne suis pas nulle, c'est mon biais de négativité qui a tendance à me le faire croire). Et pour le combattre, il faut donc chercher le positif.
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Eirolf
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Eirolf »

Ivan a écrit : 29 avr. 2021, 08:22 "Fuck les éditeurs. S'ils sont pas capables de faire leur boulot, je vais le faire à leur place et mieux."

...est à peu près mon cheminement intellectuel face à cette exacte situation.
Pour la situation actuelle, j'ai à peu près la même réaction. Surtout que j'écris de l'imaginaire pour adultes mais léger, et clairement il n'y a personne pour publier des auteurices inconnues dans ce genre-là. Mais au lieu de me décourager, je me dis "pourquoi passer par des éditeurs en premier lieu, d'abord?"

Ensuite, pour répondre à la question plus générale du syndrome de l'imposteur, qui est un compagnon permanent comme le souligne Scaldie, et pas seulement un découragement passager :

- Ça m'a beaucoup aidée de lire et écouter des choses sur le sujet, de comprendre son fonctionnement pour prendre du recul et adopter une posture d'observatrice face à mes propres pensées (par exemple l'épisode du podcast Émotions sur le syndrome de l'imposteur est très bien fait)

- Je lui ai donné un petit nom, "Mr. Imper", pour dédramatiser ce discours intérieur et faire une sorte de dissociation avec ces pensées pour arrêter de les croire. Quand des pensées d'imposture m'arrivent ("pourquoi ils m'ont embauchée? Ils vont découvrir que je ne suis pas à la hauteur et me virer." ou encore "mes livres ne seront jamais lus et appréciés, de toute façon à quoi bon c'est tout pourri et ça n'intéresse personne"...), je deviens témoin de mes propres pensées, j'en prends conscience et je dis "tiens, Mr Imper est de retour !". Je l'imagine avec un air conspirateur, un imperméable à la Columbo et un chapeau, et je l'imagine en train d'essayer de me saboter, mais comme un personnage de dessin animé pour enfants, un peu caricatural. Ça m'aide vraiment à "défusionner" avec ces pensées et à les dédramatiser et les voir pour ce qu'elles sont - des pensées et pas la réalité.

- Après, quand je suis en pleine phase de découragement, deux choses m'aident : penser à autre chose, mettre l'écriture en pause et lire, jouer, regarder des séries, nourrir le chaudron de l'inspiration et laisser les idées pousser. En général, quand plusieurs idées arrivent et s'additionnent, au bout d'un moment l'enthousiasme de créer reprend le dessus.

- La deuxième chose qui m'aide c'est de revenir à mon but global dans la vie, mon aspiration, l'artiste accomplie que je veux être. Est-ce que ça compte vraiment de vendre à des centaines de milliers d'exemplaires, de passer chez France Inter ou d'être chez Gallimard ? (je donne des exemples caricaturaux à dessein). Souvent, quand j'observe l'objet du syndrome de l'imposteur (par exemple : comment puis-je me qualifier d'autrice alors qu'à part 2 nouvelles, je n'ai jamais rien publié à compte d'éditeur?) je me rends compte qu'en réalité ce n'est même pas un but qui compte pour moi --> dans cet exemple, ce qui compte c'est de finir mes histoires, d'écrire du mieux que je peux et d'être lue. Le moyen (à compte d'éditeur) n'est au final pas si important que ça à mes yeux. Et le fait de revenir à mes buts à moi, mes intentions, mes aspirations personnelles, ça aide beaucoup à calmer Mr Imper...

Parce que je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, le syndrome de l'imposteur concerne souvent des marqueurs de réussite sociale ou de reconnaissance sociale, des choses "communément admises", qui ne sont pas forcément en lien avec ce que je veux, moi, et qui ne sont pas forcément des critères pertinents pour mesurer la qualité réelle de mon travail non plus...
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Scaldie
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Re: Et vous, votre syndrome de l'imposteur ?

Message par Scaldie »

En lisant ta réponse, Eirolf, je pense que c'est également la posture d'observatrice qui m'a aidée à prendre du recul sur mon syndrome. Grâce à ma thérapie, à la méditation (et autres thérapies alternatives comme la sophrologie) et aux diverses lectures que j'ai pu faire, j'ai appris à observer mes pensées. Ça peut paraître un peu étrange, car ce n'est pas forcément un processus intuitif, mais plutôt quelque chose qui s'apprend et qui se pratique :) Mais observer mes pensées, apprendre à les analyser, les décortiquer, pour ensuite réussir à les changer et les moduler pour qu'elles ne me parasitent plus (ou moins) c'est vraiment un exercice qui m'a aidé. En ce sens, j'ai toujours un « carnet de pensées » à portée pour pouvoir consigner les pensées parasites envahissantes (je m'en sers surtout pour la dépression, pour éviter les rechutes, mais ça marche aussi pour le reste) : les consigner dans un cahier m'aident à me détacher d'elles, à me « défusionner » comme l'explique Eirolf, pour qu'elles arrêtent de me parasiter au point de me paralyser dans mon quotidien.

(désolée si j'ai un peu dérivé)
- Je lui ai donné un petit nom, "Mr. Imper", pour dédramatiser ce discours intérieur et faire une sorte de dissociation avec ces pensées pour arrêter de les croire. (...) et je dis "tiens, Mr Imper est de retour !". Je l'imagine avec un air conspirateur, un imperméable à la Columbo et un chapeau, et je l'imagine en train d'essayer de me saboter, mais comme un personnage de dessin animé pour enfants, un peu caricatural.
J'adore :D J'emprunterais cette image si mon propre Mr. Imper se pointe à nouveau :lol:
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